MISE EN CONTEXTE

EUGÈNE MACKAY-PAPINEAU

Pour mieux comprendre le spectacle CorresponDanse de guerre

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PREMIÈRE GUERRE MONDIALE | 1914-1918

La Première Guerre mondiale a fait rage pendant plus de quatre ans. De juillet 1914 à novembre 1918, 70 millions de combattants participeront à ce conflit, dont plus de 600 000 Canadiens. Au départ, tous prédisaient une fin rapide à cette guerre. Elle ne devait durer que quelques mois, tout au plus. Et on annonçait qu’elle serait la « dernière des dernières ». L’histoire allait nous démontrer qu’il n’en serait rien.
Ce qui a mis le feu aux poudres et a déclenché, ni plus ni moins, la guerre a été reçu de ce côté de l’Atlantique comme un fait divers sans trop d’importance. Le 28 juin 1914, l’héritier de l’empire austro-hongrois, l’archiduc François-Ferdinand, et son épouse, Sophie Chotek, sont assassinés à Sarajevo alors qu’ils sont en voyage officiel. Cet attentat politique déclenche une guerre entre l’Autriche-Hongrie et la Serbie.
Par un jeu d’alliances entre les puissances de l’époque, le conflit, qui aurait pu demeurer dans les Balkans, finit par devenir mondial en quelques semaines. Quand l’Angleterre entre en guerre à son tour, le 4 août 1914, le Canada — un dominion de l’Angleterre — n’a d’autre choix que de s’engager également dans la mêlée.

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LE CANADA EN GUERRE, 1914

Au départ, les Canadiens français sont répartis dans différents régiments et bataillons, jusqu’à ce qu’une pression soit exercée pour qu’on mette sur pied un bataillon entièrement francophone, afin de permettre aux soldats canadiens-français de communiquer dans leur langue, entre eux et avec leurs supérieurs. C’est la naissance du 22e Bataillon canadien-français qui deviendra après la guerre le Royal 22e Régiment et passera à l’histoire. Voilà donc, dans ses grandes lignes, le contexte dans lequel a évolué Eugène Mackay-Papineau.
Nous vous offrons sa correspondance, avec sa famille et ses proches. Les corpus aussi complets de lettres échangées au cours de la Première Guerre mondiale sont rares, ce qui rend celui-ci particulièrement précieux. Les lettres nous permettent de découvrir la famille d’Eugène, mais aussi le Québec pendant la guerre, et bien sûr, la réalité d’un jeune capitaine canadien-français dans les tranchées.
Au moment où la guerre est déclarée, Eugène fait déjà partie du 83e régiment de Joliette. Il suit ainsi les traces de son grand frère, Denis-Benjamin, militaire de carrière. C’est donc au fil de la correspondance d’Eugène qu’on découvrira son histoire, alors qu’il s’en va au camp d’entraînement de Valcartier, puis monte sur un paquebot en direction de l’Europe. Il embarque le 30 septembre 1914 à bord du Ruthenia, avec le 83e régiment, en route pour le front. Nous suivrons ce jeune officier, qui comme les autres soldats, rêve d’aventure et de gloire. Tous ignorent ce qui les attend réellement. On le sait, nombreux sont ceux qui y resteront, et combien reviendront transformés à jamais?
La dernière lettre de l’année 1914 envoyée par Eugène est datée du 3 ou du 5 décembre (le chiffre n’apparaît pas complètement). Nous savons qu’il revient au pays le 11 décembre et passe Noël avec les siens. Il va d’abord visiter son père et son frère, dans les Maritimes, avant de retrouver sa tante Émilie, sa sœur Eugénie, et son amoureuse, Gabrielle, à Montréal. Début février 1915, il sera nommé capitaine dans le 22e bataillon canadien-français. C’est avec le 22e qu’il traversera de nouveau l’Atlantique, en mai 1915. Recommencera alors une correspondance qui nous permettra cette fois de le suivre au front, alors qu’il découvre toute la brutalité de cette guerre. Ce sera pour un deuxième livre!

LES PERSONNAGES

EUGÈNE MACKAY-PAPINEAU

Officier

(9 novembre 1891-23 juin 1972) : il est né à Saint-Vincent-de-Paul. C’est le fils de Gordon-Benjamin Papineau et de Marie-Eugénie Mackay (1856-1897). Fait intéressant, il est le descendant de Louis-Joseph Papineau (1786-1871), personnage central de la rébellion des Patriotes de 1837.
Quand la mère d’Eugène meurt, à 41 ans, le garçon n’a que 6 ans. C’est sa tante Émilie Papineau qui fera office de mère auprès de lui, de son frère aîné Denis-Benjamin et de sa jeune sœur Eugénie, les accueillant chez elle. On sait peu de choses de l’enfance d’Eugène. Il a fait ses études à Montréal et à Saint-Hyacinthe. Quand la guerre éclate, il a 23 ans et travaille comme journaliste. Du moins, c’est l’occupation indiquée dans son dossier militaire.

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ÉMILIE PAPINEAU

Tante

(18 septembre 1859-6 juin1931) : Émilie Papineau est la fille de Denis-Émery Papineau et de Charlotte Gordon. Elle est la sœur de Gordon-Benjamin-Papineau (le père d’Eugène) et de Charlotte Papineau-Finn. Quand sa mère meurt, Émilie tient le ménage de son père. Elle travaille aussi comme secrétaire pour l’étude de notaires de ce dernier. Émilie ne se mariera jamais et n’aura jamais d’enfant. Quand la mère d’Eugène décède, en 1897, Émilie accueille ses deux neveux et sa nièce : Denis-Benjamin, Eugène et Eugénie. Elle accueille aussi sa sœur Charlotte quand celle-ci perd son mari, John Finn. Elle travaillera à l’étude de notaires fondée par son père jusqu’en 1931. Elle a 55 ans en 1914.

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GABRIELLE RODIER

Fiancée

(10 septembre 1892-13 septembre 1979) : la fiancée d’Eugène est la fille du docteur Joseph-Antoine Rodier et d’Alexandra Hedge. On sait qu’elle souffre d’une paralysie à la gorge, et que cette condition joue beaucoup sur sa confiance. Elle s’ouvre à ce propos à Eugène, dans ses lettres.

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EUGÉNIE PAPINEAU

Soeur

Eugénie naît le 6 avril 1895. Elle a 19 ans quand la guerre éclate. Elle travaille alors au bureau de poste, et semble dotée d’un caractère enjoué, si l’on en croit les écrits de tante Émilie.

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ARMAND MAGGIO

Soldat

(6 juin 1896 - 28 mai 1918) : il est l'ordonnance et meilleur ami d'Eugène Mackay-Papineau durant les années 1915 et 1916. Avant de s'enrôler comme simple soldat à l'âge de 19 ans, le 19 janvier 1915 à St-John's, il travaille dans une fabrique de soulier et habite Montréal. Il meurt à Arras le 28 mai 1918 à l'âge de 23 ans.

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CHARLOTTE PAPINEAU-FINN

Tante

c’est la sœur du père d’Eugène et de tante Émilie. Elle habite avec sa sœur depuis le décès de son mari, John Finn. Elle fait un excellent sucre rose!

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DENIS-BENJAMIN PAPINEAU

Frère

(21 août 1882-1971) : c’est le frère d’Eugène, et ce dernier le désigne souvent sous le nom de Papi. Il l’appelle aussi « Papineau » à l’occasion. Celui-ci habite Dorchester, au Nouveau-Brunswick, mais au cours de 1914, il se trouve à Halifax avec Bessie, sa femme, et ses deux filles, Marie et Gertrude. C’est un militaire, nommé capitaine en 1907, major en 1914 et lieutenant-colonel en 1915. En 1918, il devient adjudant général adjoint au quartier-maître général du camp de Valcartier. En 1919, il sert avec la mission anglaise qui se rend en Sibérie, à Vladivostock, dans la foulée de la Première Guerre mondiale.

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